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Stress thermique

Des effets négligés

Pour une vache, le stress thermique résulte de l'association entre température et humidité et les effets peuvent débuter à partir de 22°C.

En cette fin de mois de mai, le thermomètre commence déjà à monter en France.  Le stress thermique va se faire sentir dans les stabulations françaises. Son impact est d'ailleurs toujours sous-estimé et intervient bien avant l'apparition de grosses chaleurs. Le stress thermique reste lié à la corrélation de deux facteurs, que sont la température et l'hygrométrie. Ses effets existent bien en France, et pas seulement au sud de la Loire puisque la température de confort de la vache se situe autour de 15°C et l'impact de la température pénalise la vache dès que le thermomètre atteint le seuil des 22°C.

Ainsi, Lallemand Animal Nutrition a conduit une enquête à travers l’Europe : Royaume-Uni, Espagne, France, Suisse, Italie, République tchèque, Pologne... Cette étude a permis d’enregistrer en continu les relevés de température et humidité, l'index THI (index température humidité) permettant d’évaluer le stress thermique (voir encadré). Ces relevés ont été faits pendant les mois d’été 2013 et 2014 grâce à des sondes spécifiques placées à l’intérieur des bâtiments. Les éleveurs peuvent enregistrer des pertes de production de 70 à 550 kg de lait en moins par jour pour un troupeau de 100 vaches ! À moyen et long terme, des problématiques liées à la santé et aux performances peuvent aussi apparaître (cellules somatiques du lait, mammites, problèmes de fertilité…).

Tout d’abord, notons qu’à l’échelle de l’Europe, l’enquête révèle que les vaches sont soumises au stress thermique, quelle que soit la latitude. Au sud (nord de l’Espagne et de l’Italie), les animaux peuvent passer entre 13 et 18 heures par jour en conditions de stress thermique, pour des pertes de lait estimées jusqu’à 5,5 kg/jour. Plus au nord, en Grande-Bretagne ou en Pologne, le stress thermique est décelé pendant respectivement 2 h 20 et 10 h 25 en moyenne par jour.

À l’échelle de la France et de la Suisse, toutes les zones géographiques sont concernées. Comme attendu, le sud est fortement atteint, avec autour de 12 heures par jour en stress thermique mesuré dans les Pyrénées atlantiques. De façon plus surprenante, la Bretagne ou la Mayenne sont aussi concernées, avec des pertes de lait estimées autour de 2 Kg/jour/vache. Globalement, il apparaît que les élevages français passent en moyenne 10 heures par jour au-dessus du seuil de stress thermique. Les pertes de lait calculées se situent autour de 2,4 kg par jour en moyenne : de 1 ,8 Kg en Bretagne à 3,7 Kg en Vendée.

((encadré 5)) Insérer PDF courbe

En effet, le stress thermique a aussi un impact négatif sur le comportement, la physiologie, et les balances énergétique et antioxydante de l’animal. Ainsi, une exposition prolongée peut provoquer la diminution de la rumination et une altération du comportement alimentaire accroissant le risque de sub-acidose. Il induit un statut antioxydant en berne et accroît le risque de mammites et de cellules somatiques dans le lait, tout en réduisant la fertilité (taux de conception). Enfin, une balance énergétique négative (liée aux dépenses de thermorégulation) peut affecter l’état corporel

Les recommandations

Un index THI de 68, correspondant par exemple à une température ambiante de seulement 22°C pour 45 % d’humidité, est la limite entre la zone de confort de la vache et le stress thermique. Il faut garder à l’esprit que lorsque une vache commence à montrer des signes cliniques de stress thermique (halètement, baisse d’ingéré…), il est peut-être déjà trop tard. L’efficacité ruminale, le statut antioxydant et la production laitière sont déjà touchés (il suffit de 4 heures passées en condition de stress léger pour réduire la production laitière de plus d’1 Kg par jour !).

Outre la mise à disposition d'eau de qualité et l'aménagement de bâtiment, Lallemand préconise des aménagements au niveau de la ration. En été, le rumen des vaches en lactation, des vaches taries et des animaux de remplacement sera toujours opérationnel en distribuant un fourrage frais, stable et appétant sans mauvaises fermentations (levures endogènes) en essayant de bien gérer le silo afin d’avoir une avancée rapide du front d’attaque. « Si nécessaire, distribuer la ration plus d’une fois par jour et veiller à distribuer plutôt le soir (55 à 60 % de la ration) », poursuivent les experts.

Afin de compenser partiellement la baisse d’ingéré, il est possible d’accroître la valeur énergétique de la ration. Un supplément de matières grasses ou d’amidon peut aussi s’avérer utile. Une source de fibres de qualité, qui aide à stabiliser le rumen mais contribue également à l’apport énergétique, est essentielle, en particulier pour les troupeaux à fort niveau de production ayant une ration riche en amidon. « Il est prouvé que la supplémentation en levure vivante spécifique ruminant Saccharomyces cerevisiae (Levucell) contribue à améliorer et protéger l’environnement ruminal, limitant les risques de sub-acidose. Plusieurs essais conduits en condition de stress thermique montrent qu’il s’agit d’une solution rentable pour limiter l’impact du stress thermique sur le rumen. Par exemple, le dernier essai conduit à l’Université de Bologne (Fustini et al., J. Anim. Sci., 2013) a montré une augmentation de 6,7 % de la production laitière en condition de stress thermique modéré, soit + 1,7 Kg de lait corrigé par la matière grasse et protéique par jour et par vache. »

Posté le 23/05/2017
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