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Agriculture de conservation des sols

L’élevage laitier, source de fertilité des sols

Les effluents d’élevage et les prairies « constituent des leviers majeurs pour le maintien des teneurs en carbone organique et la fertilité des sols ». Dans le cadre d’une vaste étude, l’Institut de l’élevage a revisité l’information bibliographique et expérimentale à l’occasion de la journée « Grand Angle Lait » du 4 avril dernier.

Des données compilées par l’Inra et le ministère de l’agriculture entre 2010 et 2014 mettent en évidence des teneurs en carbone organique dans les sols « plutôt importantes dans les régions d’élevage ». Elles sont aussi « les plus faibles dans les zones de grandes cultures », souligne Caroline Petitjean (Institut de l’élevage). Pratiquement partout en Bretagne et en Basse-Normandie, des teneurs supérieures à 15 g/kg (soit 1,5 %) sont observées, avec des pointes approchant les 70 g/kg (7 %). Dans les plaines céréalières du Bassin parisien, la norme se situe plutôt entre 4 et 14 g/kg (0,4 à 1,4 %).

En Angleterre et au Pays de Galles, l’inventaire national des sols de 2003 constatait, lui aussi, une plus grande proportion de carbone organique dans les prairies permanentes (5,5 % en terrain argileux, 4,1 % dans des limons grossiers) en comparaison des zones de cultures (3,4 % et 2 % respectivement). Les sols alternant cultures et prairies temporaires se situaient en zone intermédiaire (4,3 % et 3,1 % respectivement), observe Séverine Piutti (Inra/université de Lorraine). L’abondance de vers de terre, de bactéries et de champignons du sol est également favorisée par les prairies temporaires, et plus encore par les prairies permanentes, démontre une expérimentation conduite pendant 36 ans en Belgique.

La biologie des sols améliorée

Sur le site expérimental Arvalis-Institut de l’élevage du Rheu (Ille-et-Vilaine), les sols fertilisés avec de l’azote minéral affichent une teneur en carbone organique de 1,04 g par kilo de terre fine, contre 1,16 g/kg pour les sols recevant du fumier bovin, et 1,29 g/kg pour ceux recevant du fumier bovin composté (publication de 2014). Au Royaume-Uni, le site expérimental de Rothamsted a débuté ses observations en… 1850 ! Dans les sols n’ayant jamais reçu d’azote pendant les 125 années suivantes, la concentration en azote est demeurée stable, aux alentours de 3 t/ha. Dans ceux ayant reçu des fumiers jusqu’en 1871, la teneur en azote est progressivement montée à 6 t/ha avant de revenir à 4 t/ha un siècle plus tard. Dans les sols constamment fertilisés avec des fumiers, la teneur en azote a atteint 7 t/ha vers 1900 avant de se stabiliser à ce niveau par la suite.

« Les apports de fumier bovin augmentent l’abondance des bactéries et des champignons microscopiques du sol » qui favorisent la libération des minéraux (N, P, K) assimilables par les plantes, expliquent Caroline Petitjean et Séverine Piutti. De même, « les prairies temporaires favorisent le fonctionnement biologique des sols ». Dans les deux cas, le poids de la biomasse microbienne et l’activité enzymatique associée augmentent de manière quantifiable. En résumé, « ces deux types de pratiques agricoles constituent, pour l’élevage bovin lait, des leviers majeurs pour le maintien des teneurs en carbone organique et de la fertilité des sols. »

 

Posté le 16/05/2017
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